UN PASSE TOUJOURS PRESENT

Editorial de Décembre 1998

“Enfin redde m’r nimm devun”:

“Enfin n’en parlons plus”, tel est le titre de la pièce que GERMAIN MULLER a écrite pour évoquer le sort de l’Alsace entre 1939 et 1945. Elle a été représentée récemment à la LAITERIE.
L’actualité très riche de cet été a-t-elle exaucé le souhait de notre auteur régional ?

En juin 1988, au brevet des Collèges, le sujet portait sur le régime de Vichy, en particulier sur la collaboration et la politique antisémite menée par PETAIN. Une collègue me dit: “Tous ces documents étaient insidieusement orientés. Maintenant ma fille ne peut plus que mépriser son grand-père”.
Officier dans l’Armée d’Armistice, celui-ci aurait pu rejoindre la résistance comme certains de ses camarades.

Dans le journal “LA VIE”, un article évoque l’ENGAGEMENT des Alsaciens dans l’armée allemande.
Une semaine plus tard, suite à de nombreuses lettres de protestation, le journal a présenté ses excuses en utilisant l’expression “LES MALGRE NOUS”.

Sur le même thème, les Dernières Nouvelles d’Alsace ont publié plusieurs articles lors de l’inauguration d’un monument à TAMBOW, camp russe où de nombreux Alsaciens sont morts.

Le même journal a beaucoup insisté sur la présence de M. RIES, maire de Strasbourg, à ORADOUR, lors des cérémonies en souvenir du martyr que la division DAS REICH imposa à ce village. Plusieurs Alsaciens avaient été incorporés de force dans cette unité.

Ces exemples nous prouvent que le titre de la pièce de GERMAIN MULLER n’est qu’un voeu pieux, tant mieux !

En effet, le devoir de mémoire qui est la raison d’être de l’A.N.A.C.R. trouve là un moyen de se manifester.

La publication de la “RESISTANCE ALLEMANDE CONTRE LE NAZISME” est un réel succès, de nouveaux tirages sont envisagés. Par ailleurs, les nouveaux programmes scolaires de Terminale s’ouvrent par la deuxième guerre mondiale et demandent explicitement que l’on parle de la Résistance en France et en Europe.

Enfin, le Concours National de la Résistance, consacré cette année, aux stèles, plaques, monuments érigés en souvenir de résistants permettra aux Anciens et aux Amis de l’A.N.A.C.R. d’entretenir “la flamme” qui, plus que jamais ne doit pas s’éteindre.

Enfin, il est nécessaire d’en parler !

J-M ESCH
Ami de la Résistance (A.N.A.C.R.)
Décembre 1998

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