Il ya quelques années, je présentais ma classe de Troisième
au Concours National de la Résistance et de la Déportation.
Le thème proposé à la réflexion des élèves
était le suivant:
En 1994, la france célébrera le cinquantième
anniversaire de sa libération. Il convient de mesurer les difficultés
et les dangers que durent affronter et surmonter les résistants.....
Je me souviens de cet élève qui dans son devoir évoquait
avec une admiration sans borne le courage des Cinq Martyrs du Lycée
Buffon, ou de tel autre qui disait, non sans émotion, sa
reconnaissance envers ceux du sacrifice suprême.
A travers les écrits que javais sous mes yeux, se lisait
linterrogation toujours renouvelée: où ont-ils
trouvé ce courage ?.....savaient-ils vraiment ce
quils risquaient ?
Si nous voulons garder en mémoire les valeurs pour lesquelles
Ils se sont battus, la Liberté, la Solidarité,
la Défense des Droits de lHomme, il ne faudrait pas oublier
que leur combat impliquait nécessairement une prise de
risque inouïe, incommensurable....
Si nous voulons, à notre tour, transmettre aux générations
futures ces valeurs, nous ne pourrons le faire quen expliquant
quaujourdhui aussi défendre la liberté, la
solidarité, défendre la dignité de lhomme,
cest, à notre tour prendre des risques.
Bien sûr, il ne faut pas comparer ce qui nest pas comparable...
Et pourtant ! Jai lu récemment dans un quotidien: une
jeune fille de 15 ans agressée dans le tram....;par trois individus,
sous le regard impassible des voyageurs.
Comment expliquer une telle indifférence ? Est-ce de légoïsme
?, de la peur ?
Nest-ce pas aussi à ce problème difficile de la
prise de risque auquel nous sommes confrontés ?
La vie citoyenne est un combat au quotidien, pour la défense
des valeurs républicaines.
Ce combat, nombre de nos concitoyens pensent quils nont
pas à y prendre part, car cest laffaire de lEtat.
Ils ne se sentent investis daucune responsabilité dans
la vie de la cité. Trop individualistes, ils nont pas conscience
de limpact que pourrait avoir une solidarité véritable
entre les citoyens et cest ainsi que peu ù peu disparait
la notion même de cité idéale telle que la concevait
Aristote: une communauté de personnes vivant en harmonie.
Allons puiser lénergie nécessaire chez nos Combattants
de lombre, pour ce petit courage, et redonnons du
sens à ces mots de Pierre Brossolette en 1943, évoquant
les martyrs dont il sera:
ce quils attendent de nous, ce nest pas un sanglot,
cest un élan. Voilà pourquoi aujourdhui
comme hier, la flamme de la Résistance ne doit pas séteindre
et ne séteindra pas.
Flora Hubert
Mars 2001 Amie de la Résistance (A.N.A.C.R.)
Secrétaire Générale du Comité Régional