Texte de l'allocution
de Raymond Olff
en hommage à Roland Netter
le 18 octobre 2002

Raymond Olff, Vice-Président du Comité régional Alsace de l'ANACR

Chers amis, chers camarades,

En ma qualité de Vice-Président du Comité Régional de l'ANACR, je vous remercie d'être venus, -nombreux- témoigner par votre présence de votre attachement et de votre affection à notre regretté Président Roland Netter.

Permettez-moi de saluer tout particulièrement nos amis qui sont venus de l'extérieur, voire de l'étranger, ainsi que les personnalités qui se sont associées à nous, pour honorer personnellement la mémoire de Roland.

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Chers amis, chers camarades,
Notre peine est immense, depuis ce jour du 14 juin, où notre cher Roland nous a quittés, pour toujours.

Comment croire, que plus jamais nous n'entendrons sa voix chaleureuse, que plus jamais nous ne reverrons sa silhouette familière, qu'à tout jamais nous devrons renoncer à nos discussions fraternelles. À nos rencontres amicales

Pendant de longues années Roland a été le dirigeant de notre Association des Anciens Combattants de la Résistance, un dirigeant exemplaire, qui avait le don d' entraîner ses camarades, mais, qui a su aussi s'attirer la sympathie et la considération de nombreuses personnalités de tous bords.

Roland a œuvré de toutes ses forces au maintien du souvenir et de la mémoire de la Résistance.
C'est dans ce but, qu'il se rendait dans les établissements scolaires, pour parler aux élèves de son vécu de résistant.
Les nombreux témoignages de satisfaction et de reconnaissance, qu'il reçut de ses jeunes auditeurs attestent de l'intérêt et du succès de son activité.
Tout à l'heure vous entendrez le message qu'une représentante de ces jeunes étudiants a tenu à nous apporter.
Chers amis: peu à peu les rangs des Anciens s'éclaircissent.
C'est pourquoi, un objectif essentiel aux yeux de Roland et de ses camarades a été: la transmission aux jeunes générations des valeurs humaines qui ont inspiré la lutte des Résistants

Grâce à ses efforts, les "Amis de la Résistance" se sont rassemblés, aux côtés des Anciens de l'ANACR, afin de reprendre le flambeau, et de le remettre aux générations futures.

C'est dans le même esprit que Roland s'appliqua, avec la passion que nous lui connaissons, à populariser le CONCOURS NATIONAL DE LA RESISTANCE, pour en faire une manifestation de grande diffusion dans les écoles.

Une autre de ses préoccupations, -essentielle elle aussi-, a été de faire connaître à nos concitoyens, qu'il y eut en Allemagne nazie une vraie résistance, minoritaire il est vrai, mais héroïque.

La présence parmi nous des représentants éminents de la Résistance allemande: Peter Gingold et Rolf Heinemann est un témoignage irremplaçable d'hommage et d'affection pour notre regretté Président.
Tout le monde se souvient du Colloque sur la Résistance Allemande, qui fut l'œuvre de Roland en 1997.
Ce fut là une des réalisations dont il était le plus fier, -à juste titre-, car elle attira de nombreux visiteurs et connut un grand succès.

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Il est significatif que les derniers moments de sa vie, il les consacra à cette idée.
Alors que je lui rendais visite à l'hôpital, c'est de la préparation d'un nouveau colloque sur" Georges Elser et les humbles dans la Résistance Allemande" qu'il m'entretenait.

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Pour Roland la fidélité aux idéaux de la Résistance, s'identifiait à la défense des valeurs républicaines, lorsqu'elles étaient mises en danger, comme ce fut le cas, en Avril dernier, lors de l' élection pour la Présidence de la République.

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La lutte héroïque du peuple espagnol contre le fascisme a été une autre occasion pour lui, au cours d'une commémoration en novembre dernier, de rappeler que ce fut là le début du cataclysme qui ravagea l'Europe et le monde.

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Je n'évoquerai pas toutes les réalisations –nombreuses et variées- de notre cher président, mais permettez moi un mot personnel:

Pour moi, le monde sans Roland n'est plus ce qu'il était.
Car Roland n'était pas seulement mon camarade, mon ami, mon beau-frère; il était celui avec qui je partageais mes joies, comme mes peines. Il était l'interlocuteur privilégié, aussi bien de ma femme que de moi, dans tous les actes de notre vie.

Notre amitié remonte à près de 70 ans, à une époque où nous courions en culottes courtes.

Adolescents, après l'invasion hitlérienne, nous nous retrouvâmes avec nos familles, réfugiés à Maiche, une petite localité dans le département du Doubs.

En mars 1942, face au danger d'arrestation et de déportation, notre groupe de 5 familles, parentes et alliées, alsaciennes et juives, décida, en catastrophe, de quitter la zone occupée et de rejoindre la zone Sud, à travers la Suisse, dont la frontière n'était pas très éloignée.

La préparation de cette équipée de 18 personnes, composée, en partie de vieillards invalides, devait s'effectuer dans la clandestinité la plus absolue. Son organisation nous fut confiée, à Roland et à moi, qui étions les cadets de la famille.

Tout se déroula selon nos prévisions, avec une précision quasi militaire, malgré les tempêtes de neige du terrible hiver 1942.

En zone dite "libre", Roland se fit embaucher par la Manufacture d'Armes à Saint-Etienne et tous deux, chacun de son côté, nous avons adhéré à l'organisation de Résistance des "Francs Tireurs et Partisans".
A la Manu, Roland considéra comme son devoir de participer au combat pour la libération du pays. Il constitua un groupe d'une quarantaine de jeunes, qui se livraient au sabotage du matériel, dont on savait qu'il était destiné à l'armée ennemie.

Le 8 Août 1944 il fut arrêté, et torturé par la Gestapo, mais - par une chance extraordinaire-, la libération de Saint-Etienne le sauva de la mort.

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Toute sa vie Roland Netter, notre cher et regretté Président, fut un combattant de la Liberté et de la Démocratie
Roland, cher ami, cher camarade, nous te promettons de rester fidèle à ta mémoire.

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